• Barbara Para

Efficience intellectuelle et société

Nos sociétés stigmatisent la déficience intellectuelle. Le sujet tendance concerne celui des "hauts potentiels". On se présente au psy : "ma fille est haut potentiel, comme moi". Hum hum...


On oublie ici de situer le contexte : les temps ont changé, on ne parle plus d'un chiffre de QI unique mais on parle des 7 formes d'intelligence. Sans oublier les "soft skills".


Mon collaborateur Frédéric Zante a développé ces idées et je me permets de vous présenter sa pensée, qui je l'espère, vous enrichira.


Première idée  : le contexte historique de la production des “outils psychotechniques” et des échelles d’intelligence


Les réflexions sur les tests ont commencé avec la seconde moitié du XIXe siècle : la psychologie cherchait à l’époque à se donner une légitimité scientifique (travaux de F. GALTON et ensuite de J. Mac Keen CATTELL). Il s’agissait au départ d‘utiliser des méthodes quantitatives pour décrire des phénomènes psychologiques. Ensuite, fut utilisé pour la première fois le terme de “test mental” pour désigner une série d’épreuves visant à étudier les différences individuelles d’étudiants. Ces premières épreuves étaient destinées à mesurer des fonctions sensori-motrices élémentaires, telles que la perception, la sensation de la douleur ou encore le temps de réaction

Au début du XXe siècle, il y a le développement de la première échelle d’intelligence pour enfants par A. BINET. Le test d’Alfred Binet proposa pour la première fois une application pratique des tests dans la détection du retard mental chez les enfants etla prédiction de la réussite scolaire. En 1916, Terman utilisa les travaux de Binet et construisit le premier test d’intelligence mesurant le QI (Quotient Intellectuel).


Avec les deux conflits mondiaux, les tests se développèrent réellement. Ainsi en 1917, l’armée américaine les utilise pour recruter ses soldats et sélectionner les futurs cadres mais également identifier les personnes sérieusement perturbées psychiquement. Puis à l'ère du développement de l’industrie, ceux-ci étaient conçus, dans le monde du travail, pour “apprécier” la “concordance “homme – machine” ou plus simplement connaître la capacité de l’homme au travail à la chaîne, sa capacité à suivre un rythme imposé, à comprendre des consignes “élémentaires” et à faire, sous contrainte de temps, un certain nombre de tâches / gestes répétitifs…


On est donc ici bien éloigné de l’intérêt pour une efficience intellectuelle mais dans la détection de la déficience !


Deuxième idée : L’intelligence était étudiée sous l’angle des capacités cognitives, verbales


Et appréciée sous la forme du fameux "Quotient Intellectuel” ou QI et donc sous un angle réducteur omettant l’intelligence émotionnelle, l’intelligence de situation / d’adaptation… bref, tout ce qui différencie l’homme d’une machine et le rend supérieur à l’IA (intelligence artificielle) qui, dans l’immédiat, est bien incapable de ressentir, exprimer une sensation, une émotion, un sentiment. Par ailleurs, il s’agit de discriminer les individus, de travailler sur la "prévention du retard intellectuel", pas d’accompagner ceux dont les capacités sortiraient du lot et qui les "désignent" comme parfaitement capables de se débrouiller tous seuls !



Troisième idée : Dans le domaine scolaire, l’accent est d’abord et principalement mis sur le « dépistage » de la déficience intellectuelle...


Pas celle de la sur-efficience. Et pour des personnes n’ayant pas une culture familiale des études, sur un phénomène d’autocensure par exemple, elles ne pensent pas être éventuellement concernées par une possible sur-efficience. Pour elles, l’intelligence est considérée comme réelle, présente et non réfutable quand “on” poursuit des études.


Ainsi, du fait d’une minorité de personnes allant aux études supérieures, celles-ci étaient “cataloguées” comme intelligentes voire dotées d’une intelligence supérieure. Les capacités se traduisent et se « prouvent » par une réussite entre autres dans les études et filières scientifiques (la fameuse sélection par les mathématiques). On peut mettre ici les représentations des personnes en fonction de leur parcours de vie, de leur histoire et culture familiale, de leur environnement, lieu d’habitation…


Quatrième idée : Si on met tout cela ensemble, cela donne de quoi comprendre les difficultés des "hauts potentiels" à trouver leur place, à se faire reconnaître…


Les éléments statistiques mis en perspective avec des éléments démographiques, culturels, historiques… permettent de mieux comprendre les origines des préjugés et en particulier pourquoi le choix de mots mal appropriés renforce les difficultés dans un pays qui se veut égalitaire… Pourquoi cette personne est-elle sur-douée et pas moi ? 


Pour info, dans les pays anglo-saxons, on parle de personnes « gifted » (douées).  Et il manque bien d’autres choses à prendre en compte !

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